Accueil > De nouveaux indicateurs de richesse. > Les indicateurs Produit Intérieur Doux > Le PID et la DID...

Le PID et la DID...

samedi 9 avril 2011

Le Produit Intérieur Doux raconté par Vivian Labrie, porte-parole du Collectif sans pauvreté en 1998.
 
 
Hiver 1998.
Les participantEs au carrefour de savoirs se préparent aux rencontres. Avec l’aide d’un économiste, ils et elles abordent les concepts de base, comme le Produit intérieur brut.
 
Serge-Emmanuel dit qu’il y a une richesse antérieure au PIB : les ressources de la Terre, les personnes, tout ce qu’est, vit, a été et a vécu l’humanité avant nous.
Le groupe est scandalisé de découvrir que les revenus d’aide sociale ne sont pas comptabilisés dans le PIB comme des revenus, seulement comme des dépenses, i.e. comme partie de la Dépense intérieure brute.
 
"C’est donc bien brutal, le Produit intérieur brut !" dit quelqu’un.
"On devrait inventer le Produit intérieur doux"
 
Et alors qu’est-ce que ce serait ?
Toute la richesse produite par des personnes sans que ça ne soit comptabilisé ou que ça passe par de l’argent.
Par exemple beaucoup du travail des femmes et des artistes.
Le repas du soir, plus que le repas du midi. L’écoute des amiEs. L’entretien de sa maison. L’action militante.
 
« On devrait aussi inventer la Dépense intérieure dure », dit quelqu’un d’autre.
Ce serait quoi ?
Tout ce qu’on prend dans sa vitalité et son espérance de vie parce qu’il n’y a pas eu d’argent pour en prendre soin. C’est jamais compté dans la Dépense intérieure brute.
Tout à coup, tout un cadre s’ouvre à l’extérieur du cadre de l’économie monétaire et de tout ce qui relève de la définition restreinte habituelle de la richesse.